La question revient avant chaque formation : peut-on en vivre ? La réponse dépend moins du diplôme que du statut et, surtout, du nombre de clientes qui reviennent.
Voici les montants réalistes en France en 2026, salariée et indépendante, puis en Suisse. Ce sont des ordres de grandeur, pas des promesses.
Salariée en onglerie ou en institut
La plupart des postes de prothésiste ongulaire en institut relèvent de la convention collective de l’esthétique (IDCC 3032). Ses premiers coefficients sont aujourd’hui sous le SMIC : c’est donc le SMIC qui s’applique, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures depuis le 1er juin 2026.
Avec de l’expérience ou des responsabilités, la grille monte (1 995 € brut au coefficient 200, 2 300 € au coefficient 250, minima de juin 2026). Beaucoup d’ongleries ajoutent une prime sur les ventes de produits ou sur le chiffre d’affaires réalisé : demandez comment elle est calculée avant de signer.
À son compte : chiffre d’affaires n’est pas revenu
À son compte, on parle de chiffre d’affaires, pas de salaire. En micro-entreprise, les cotisations sociales prennent 21,2 % de ce que vous encaissez en 2026, plus 0,3 % de formation professionnelle. Il faut ensuite payer les produits, le matériel, l’assurance, le téléphone, et le loyer si vous avez un local.
Règle simple : à domicile, il reste souvent un peu plus de la moitié du chiffre d’affaires ; avec un local, souvent moins. Les congés et les jours de maladie ne sont pas payés : comptez-les dans vos prix.
Trois exemples chiffrés
Avec un prix moyen de 45 € par rendez-vous, à domicile, sans local :
- 40 rendez-vous par mois, soit environ 2 par jour ouvré : 1 800 € de chiffre d’affaires, environ 1 100 € de revenu après cotisations, produits et frais. C’est un complément, pas encore un métier.
- 70 rendez-vous par mois : 3 150 € de chiffre d’affaires, environ 1 900 € de revenu, au-dessus d’un SMIC net.
- 100 rendez-vous par mois : 4 500 € de chiffre d’affaires, environ 2 800 € de revenu. C’est un agenda plein, qui tient grâce aux clientes régulières.
Ce qui fait vraiment monter le revenu
Le prix compte, mais la régularité compte plus. Une cliente qui revient toutes les trois semaines vaut dix-sept rendez-vous par an. Trente clientes fidèles remplissent déjà la moitié d’un agenda.
Trois leviers sont à votre main : des prix calculés sur votre vrai taux horaire (notre guide sur les tarifs de prothésiste ongulaire explique la méthode), des remplissages proposés dès la fin de la pose, et le moins possible de rendez-vous oubliés.
Et en Suisse ?
En Suisse, il n’existe ni convention collective ni salaire minimum national pour les stylistes d’ongles. Plusieurs cantons ont en revanche un salaire minimum légal : à Genève, il est de CHF 24,59 de l’heure en 2026, soit environ CHF 4 260 par mois pour 40 heures par semaine.
À son compte, les cotisations AVS, AI et APG d’une indépendante sont de 10 % du revenu au-delà de CHF 60 500 par an, avec un barème plus bas entre CHF 10 100 et 60 500, et un minimum de CHF 530 par an. Les prix sont plus élevés qu’en France : à Genève, une pose complète en gel se facture souvent entre CHF 80 et 120, un remplissage entre CHF 60 et 80.
Un agenda qui ne laisse pas de trou
Un rendez-vous oublié, c’est une heure non payée. Un remplissage qui n’est pas repris à la fin d’une pose, c’est souvent une cliente partie ailleurs.
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