Esthéticienne est un métier de passion, mais la question du salaire arrive vite, surtout au moment de choisir entre un poste en institut et l’installation à son compte.
Voici les montants en France en 2026, puis en Suisse, avec des exemples chiffrés. Ce sont des ordres de grandeur, à adapter à votre ville.
Salariée : la grille de la convention collective
Les instituts relèvent de la convention collective de l’esthétique-cosmétique (IDCC 3032). Ses minima ont été revus par l’avenant n° 43, signé le 22 janvier 2026 et étendu en mai 2026. Pour 35 heures par semaine :
- Premiers coefficients (135 et 150) : sous le SMIC, c’est donc le SMIC qui s’applique, 1 867,02 € brut depuis le 1er juin 2026.
- Coefficient 175 : 1 895 € brut. Coefficient 200 : 1 995 € brut.
- Coefficient 250 : 2 300 € brut, pour les postes très qualifiés ou d’encadrement.
- Au-dessus, les postes de responsable : 2 834 € au coefficient 270, 3 875 € au coefficient 300.
Le net, les primes et ce qui fait la différence
Du brut au net, comptez environ 22 % de cotisations salariales : une esthéticienne au SMIC touche autour de 1 450 € net par mois. Beaucoup d’instituts ajoutent une prime sur la vente de produits ou sur les soins réalisés, et la convention prévoit une prime d’ancienneté.
Les écarts viennent surtout du lieu : les spas d’hôtel, les grandes villes et les instituts spécialisés paient mieux que la moyenne, les postes en franchise s’en tiennent souvent aux minima.
À son compte : le calcul honnête
À son compte, il n’y a plus de salaire, seulement ce qui reste du chiffre d’affaires. En micro-entreprise, les cotisations sociales prennent 21,2 % de ce que vous encaissez en 2026, plus 0,3 % de formation professionnelle. Viennent ensuite les produits (souvent 10 à 15 % des soins), le matériel, l’assurance et le loyer si vous avez une cabine.
Exemple à domicile, sans local : 5 000 € de soins encaissés par mois laissent environ 3 000 € après cotisations et produits. Avec une cabine louée 600 €, il reste environ 2 400 €. Les congés ne sont pas payés : prévoyez-les dans vos prix.
Ce qui fait monter le revenu
Les soins réguliers font le revenu : épilation toutes les quatre à six semaines, beauté des mains, soins du visage en cure. Une carte courte de soins qui reviennent rapporte plus qu’une longue carte de soins ponctuels.
Le reste tient au calcul de vos prix sur votre vrai taux horaire (notre guide sur les tarifs d’esthéticienne explique la méthode) et à la chasse aux trous dans l’agenda.
Et en Suisse ?
En Suisse, il n’existe pas de convention collective nationale pour les esthéticiennes. Plusieurs cantons ont en revanche un salaire minimum légal : à Genève, CHF 24,59 de l’heure en 2026, soit environ CHF 4 260 par mois pour 40 heures par semaine. Le CFC et le brevet fédéral permettent de négocier au-dessus.
À son compte, les cotisations AVS, AI et APG d’une indépendante sont de 10 % du revenu au-delà de CHF 60 500 par an, moins en dessous, avec un minimum de CHF 530 par an. Les soins se facturent plus cher qu’en France : à Genève, souvent CHF 75 à 120 pour un soin du visage, CHF 33 à 50 pour les jambes.
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