Le brevet professionnel esthétique cosmétique parfumerie est le diplôme qui suit le CAP. Beaucoup d’esthéticiennes se demandent s’il vaut deux ans de plus.
Voici ce qu’il apporte, comment le préparer en 2026 et ce qu’il change, ou non, pour ouvrir son institut.
Le BP n’est pas obligatoire pour s’installer
Pour exercer l’esthétique à son compte en France, la loi demande le CAP esthétique ou trois ans d’expérience dans le métier (loi du 5 juillet 1996, article 16). Le BP n’est donc pas exigé pour ouvrir un institut ou travailler à domicile.
Il reste utile : il approfondit les soins, apprend à gérer une entreprise et une équipe, et rassure une banque ou un bailleur. Il ouvre aussi la voie au brevet de maîtrise, qui permet de former des apprenties.
Ce que l’on apprend
Le BP est un diplôme de niveau 4, le niveau du baccalauréat. Il couvre en particulier :
- Les soins du visage et du corps plus poussés, avec appareils.
- Le maquillage, y compris pour des occasions particulières.
- La beauté des mains et des pieds, l’épilation, le conseil en produits.
- La gestion d’un institut : achats, stocks, prix, encadrement d’une équipe, relation client.
- Les sciences appliquées : biologie de la peau, cosmétologie.
Les façons de le préparer
La voie la plus courante est l’alternance sur deux ans, en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation : une partie du temps en centre de formation, le reste en institut. Une fiche de formation relevée en 2026 compte par exemple 400 heures en centre et 900 heures en entreprise.
On y entre en général avec le CAP esthétique. Certains centres proposent un rythme plus court pour les adultes qui ont déjà un diplôme ; d’autres préparent à distance. Le candidat libre est possible, mais exigeant : il faut s’entraîner seule sur modèles et justifier d’une expérience dans le métier, demandez les conditions au rectorat de votre académie.
Financer son BP
En apprentissage, la formation est payée et vous êtes salariée : un pourcentage du SMIC qui dépend de votre âge et de l’année de contrat. En reconversion, le CPF peut financer une formation certifiante comme le BP, avec 150 € à votre charge depuis le 2 avril 2026 (sauf demandeurs d’emploi et abondement de l’employeur). France Travail et les transitions professionnelles sont les autres pistes.
Et après le BP ?
Avec le BP, on peut devenir responsable d’institut, formatrice ou s’installer avec une carte plus large. Côté salaire, la convention collective de l’esthétique place les postes qualifiés plus haut dans la grille : 1 995 € brut au coefficient 200 et 2 300 € au coefficient 250 (minima de juin 2026), contre le SMIC pour les premiers coefficients. Notre guide sur le salaire d’une esthéticienne détaille les montants.
Et en Suisse ?
En Suisse, le chemin est différent : le CFC d’esthéticienne se prépare en trois ans, puis le brevet fédéral et le diplôme fédéral permettent d’aller plus loin. Le CFC n’est pas exigé pour l’esthétique courante, mais certains cantons soumettent l’activité à autorisation, et l’épilation au laser ou à la lumière pulsée demande une attestation de compétences fédérale. Un BP français n’est pas reconnu automatiquement : la reconnaissance se demande au Secrétariat d’État à la formation (SEFRI).
Bien démarrer à son compte
Avec ou sans BP, l’agenda d’un institut se remplit de soins de durées très différentes, d’une épilation des sourcils de quinze minutes à un soin du corps d’une heure trente.
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