Ouvrir un salon de coiffure : diplôme, budget et démarches

Qui doit avoir le BP, combien prévoir, créer ou reprendre, et les obligations d’un salon qui reçoit du public : le chemin, étape par étape.

Ouvrir son salon, c’est souvent l’aboutissement de plusieurs années derrière le fauteuil. C’est aussi un vrai projet d’entreprise, avec un local, des travaux, parfois une équipe, et des règles que la coiffure à domicile ne connaît pas.

Ce guide reprend les questions dans l’ordre où elles se posent, avec les règles en vigueur en France en 2026.

Faut-il le BP pour ouvrir un salon ?

Chaque salon doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée (loi du 23 mai 1946, article 3, et code de l’artisanat). Pour un salon, la qualification attendue est le BP coiffure, le brevet de maîtrise ou un titre de niveau égal ou supérieur inscrit au RNCP ; à défaut de diplôme, trois années d’expérience professionnelle peuvent être reconnues (code de l’artisanat, articles R121-1 à R121-4).

Cette personne n’est pas forcément le gérant : ce peut être vous, votre conjoint collaborateur ou un salarié présent dans le salon. Vous pouvez donc ouvrir un salon avec un CAP, à condition d’employer une personne qualifiée présente pendant les heures d’ouverture. Avec plusieurs salons, il en faut une dans chacun.

Exercer sans la qualification requise expose à une amende pouvant aller jusqu’à 7 500 €, et à la fermeture de l’établissement.

Le budget à prévoir, poste par poste

Il n’existe pas de chiffre unique : selon la ville, la surface, l’état du local et le choix entre création et reprise, le total va de quelques dizaines de milliers d’euros à plus de 100 000 €. Listez chaque poste et faites chiffrer :

  • Le local : dépôt de garantie, loyers d’avance, et droit au bail ou prix du fonds de commerce si vous reprenez. C’est souvent le plus gros poste.
  • Les travaux : arrivées d’eau pour les bacs, électricité, ventilation, mise en accessibilité.
  • Le mobilier : fauteuils, bacs à shampoing, miroirs, banque d’accueil, rangements.
  • Le matériel et un premier stock de produits techniques et de revente.
  • Les frais de démarrage : enseigne, assurances, honoraires, logiciel d’agenda et de caisse.
  • Une trésorerie de plusieurs mois pour payer loyer et salaires pendant que la clientèle se construit.

Créer ou reprendre un salon

Reprendre un salon coûte plus cher au départ, mais vous achetez une clientèle, un emplacement connu et souvent une équipe. Faites-vous montrer les vrais chiffres des trois dernières années et le fichier clients, et vérifiez le bail : durée restante, loyer, activités autorisées.

Créer coûte moins cher en fonds de commerce, mais tout est à construire, y compris la clientèle. Si vous coiffez déjà dans le quartier, vos clients actuels sont votre meilleur départ.

Les démarches, dans l’ordre

  • Étudier le quartier : salons déjà présents, prix pratiqués, passage, stationnement.
  • Choisir le statut : la micro-entreprise (plafond de 83 600 € de chiffre d’affaires en 2026) convient mal à un salon avec loyer et salariés ; une société (EURL, SASU, SARL) est plus fréquente. Faites-vous conseiller par un expert-comptable.
  • Signer le bail commercial en vérifiant que la coiffure y est autorisée.
  • Immatriculer l’entreprise sur le guichet unique des formalités d’entreprises, avec le diplôme ou les justificatifs de la personne qualifiée.
  • Souscrire les assurances : responsabilité civile professionnelle et multirisque du local.
  • Si vous diffusez de la musique, déclarer le salon à la Sacem et payer la rémunération équitable.
  • Si vous embauchez : convention collective de la coiffure (IDCC 2596), déclaration préalable, médecine du travail.

Les obligations d’un salon qui reçoit du public

Un salon est un établissement recevant du public (ERP), le plus souvent de 5e catégorie. Il doit être accessible aux personnes handicapées, ou bénéficier d’une dérogation, tenir un registre public d’accessibilité à disposition des clients, et respecter les règles de sécurité incendie.

S’y ajoutent les règles propres à la coiffure : au moins 10 prix TTC en vitrine (20 pour un salon mixte) et le même tableau à la caisse, une note au-delà de 25 € TTC, la désinfection des outils entre deux clients. Certains produits de permanente concentrés sont réservés aux titulaires du BP ou du brevet de maîtrise.

Remplir l’agenda dès l’ouverture

Les premiers rendez-vous viennent surtout des clients qui vous suivent déjà. Prévenez-les avant l’ouverture et donnez-leur un moyen simple de réserver, plutôt qu’un numéro qui sonne pendant que vous coupez.

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Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans BP ?

Oui, si une personne qualifiée (BP, brevet de maîtrise ou titre équivalent, ou trois ans d’expérience reconnus) exerce le contrôle effectif et permanent du salon : vous, votre conjoint collaborateur ou un salarié présent pendant les heures d’ouverture.

Combien coûte l’ouverture d’un salon de coiffure ?

De quelques dizaines de milliers d’euros à plus de 100 000 €, selon la ville, la surface, les travaux et le choix entre création et reprise. Le local et les travaux sont souvent les plus gros postes.

Quel statut pour ouvrir un salon de coiffure ?

Une société (EURL, SASU, SARL) est fréquente dès qu’il y a un loyer et des salariés. La micro-entreprise, plafonnée à 83 600 € de chiffre d’affaires en 2026, convient plutôt à une activité seule.

Quelles sont les obligations d’affichage d’un salon ?

Au moins 10 prix TTC en vitrine pour un salon homme ou femme, 20 pour un salon mixte, le même tableau à la caisse et la mention que la liste complète peut être consultée (arrêté du 27 mars 1987).

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