Le barbershop est devenu le format préféré de beaucoup de barbiers qui veulent leur propre adresse : quelques fauteuils, une ambiance, une clientèle qui revient toutes les trois semaines.
Mais la barbe et la coupe homme restent de la coiffure aux yeux de la loi, avec ses règles de qualification. Voici les étapes en France en 2026, puis en Suisse.
Peut-on ouvrir un barbershop sans BP ?
Un barbershop est un salon de coiffure. En France, un salon doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée (loi du 23 mai 1946). Trois façons d’y arriver :
- Être titulaire du BP coiffure ou du brevet de maîtrise.
- Justifier de trois années d’expérience professionnelle effective dans la coiffure : possible depuis le 1er juillet 2023, l’expérience se fait valider par la chambre de métiers.
- Embaucher ou s’associer avec une personne qualifiée qui encadre réellement le salon, présente pendant les heures d’ouverture.
Le « CAP barbier » n’existe pas
Il n’existe pas de CAP barbier à l’Éducation nationale. Le chemin officiel passe par le CAP métiers de la coiffure, puis le BP, dont une option porte sur la coupe homme et l’entretien de la barbe. Les formations « barbier » de quelques semaines sont des compléments utiles, mais elles ne remplacent pas la qualification pour tenir un salon. Ouvrir sans qualification expose à une amende pouvant aller jusqu’à 7 500 € et à la fermeture. Notre guide sur la formation de barbier détaille les diplômes.
Le budget d’un barbershop
Pour deux à trois fauteuils, prévoyez au minimum :
- Le dépôt de garantie et les loyers d’avance, parfois un droit au bail dans les rues passantes.
- Les travaux : bacs et arrivées d’eau, électricité pour les tondeuses, sol, éclairage, miroirs.
- Les fauteuils de barbier : de quelques centaines d’euros à plus de 1 500 € pièce pour un modèle hydraulique solide.
- Les outils : tondeuses, rasoirs, sabots, stérilisation, serviettes chaudes, produits de rasage et de soin.
- L’enseigne, l’assurance, le comptable et trois mois de charges d’avance.
Le local, l’hygiène et l’affichage des prix
Un barbershop reçoit du public : il doit être accessible aux personnes handicapées, ou bénéficier d’une dérogation, et tenir un registre public d’accessibilité. Vérifiez que le bail autorise la coiffure.
Les lames de rasoir se changent à chaque client, les outils se désinfectent entre deux passages. L’arrêté du 27 mars 1987 impose d’afficher à l’entrée et à l’intérieur les prix TTC d’au moins dix prestations courantes : coupe, coupe et barbe, taille de barbe, rasage à l’ancienne, contours.
Statut et étapes, dans l’ordre
Avec un local et des salariés, la société (EURL ou SASU, ou SARL avec un associé) est souvent plus adaptée que la micro-entreprise, dont le plafond est de 83 600 € par an et qui ne permet pas de déduire le loyer. Les étapes : valider votre qualification auprès de la chambre de métiers, chiffrer le projet, trouver le local, signer le bail, vous immatriculer sur le guichet unique, assurer le local et la responsabilité civile, puis ouvrir.
Est-ce rentable ?
Additionnez les dépenses mensuelles et le revenu visé, puis divisez par le prix moyen d’un passage. Exemple : 6 000 € à couvrir par mois, 28 € de prix moyen, il faut environ 215 passages par mois, soit près de 10 par jour ouvré pour le salon. Un client de barbershop revient en moyenne toutes les trois à quatre semaines : cent clients réguliers font déjà une bonne partie du chemin. Notre guide sur les tarifs de barbier donne la méthode du prix.
Et en Suisse ?
En Suisse, aucun diplôme n’est exigé au niveau fédéral pour ouvrir un barbershop. Le CFC de coiffeur reste la référence, et il faut une autorisation cantonale pour former des apprentis. La commune autorise l’usage du local ; à Genève, les plans d’un salon de coiffure sont examinés avant l’ouverture. Vos salariés relèvent de la convention collective de la coiffure et de ses salaires minimaux. Le registre du commerce et la TVA (8,1 %) deviennent obligatoires à partir de CHF 100 000 de chiffre d’affaires par an. À Genève, une coupe homme se facture souvent CHF 25 à 45, une coupe avec barbe CHF 40 à 60.
Des fauteuils pleins, sans file d’attente
Dans un barbershop, chaque fauteuil vide est du chiffre d’affaires perdu, et la file d’attente fait partir les clients pressés.
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