Formation tatoueur : l’hygiène obligatoire, le reste par l’apprentissage

Aucun diplôme de tatoueur n’existe, mais une formation à l’hygiène est obligatoire avant le premier client. Ce que dit la loi, ce que coûte la formation, et comment on apprend vraiment le métier.

On ne devient pas tatoueur avec un diplôme : le métier s’apprend en dessinant, puis aux côtés d’un tatoueur confirmé. La loi, elle, ne s’intéresse pas à votre style : elle vous demande de protéger la santé de vos clients.

Ce guide reprend les obligations légales dans l’ordre (formation hygiène et salubrité, déclaration à l’ARS, règles du local), puis la façon d’apprendre la technique et de s’installer. Les règles citées sont celles en vigueur en France en 2026.

Faut-il un diplôme pour être tatoueur ?

Non. Il n’existe ni diplôme d’État de tatoueur ni diplôme artistique obligatoire. Les écoles privées de tatouage délivrent des attestations, pas un titre exigé par la loi.

Deux obligations s’appliquent en revanche à toute personne qui tatoue, fait du maquillage permanent ou du perçage corporel, prévues aux articles R1311-1 et suivants du code de la santé publique : suivre la formation hygiène et salubrité, et déclarer son activité à l’agence régionale de santé (ARS) avant de commencer.

La formation hygiène et salubrité, obligatoire

Elle est encadrée par l’arrêté du 5 mars 2024, qui a remplacé l’arrêté du 12 décembre 2008. Elle dure au moins 21 heures sur trois jours consécutifs : 14 heures de théorie et 7 heures de pratique, avec une évaluation à la fin. Seuls les organismes habilités par l’ARS peuvent la délivrer : la liste est publiée par l’ARS de chaque région.

La certification obtenue est valable cinq ans. Pour continuer à tatouer, il faut ensuite suivre une mise à jour d’au moins 7 heures. Comptez souvent de 390 € à 450 € pour la formation initiale.

Vous avez suivi l’ancienne formation de 2008 ? Les attestations délivrées avant le 31 décembre 2022 restent valables jusqu’au 13 mars 2027 ; celles délivrées à partir du 1er janvier 2023, cinq ans après leur date, et au plus tard jusqu’au 31 décembre 2028.

Déclarer son activité à l’ARS

Avant le premier tatouage, l’article R1311-2 du code de la santé publique impose de déclarer votre activité à l’ARS, auprès de la délégation du département où vous exercez, avec votre certificat de formation. La déclaration indique votre nom, l’adresse du lieu d’exercice et les techniques pratiquées.

Il faut aussi déclarer la fin de l’activité ou un déménagement. Pour tatouer ponctuellement ailleurs, dans une convention par exemple, une déclaration ponctuelle est prévue : renseignez-vous auprès de l’ARS concernée.

Apprendre le métier : dessin, technique, apprentissage

Le dessin vient en premier : un tatoueur qui ne dessine pas bien ne progressera pas, quel que soit son matériel. Constituez un portfolio de dessins dans le style que vous visez, c’est lui que les tatoueurs regarderont.

La technique s’apprend ensuite auprès d’un tatoueur confirmé, souvent pendant plusieurs mois ou plusieurs années : préparation du poste, transfert du calque, tracé, remplissage, soins après le tatouage. On commence sur peau synthétique, jamais directement sur une personne. Méfiez-vous des stages qui promettent de faire de vous un tatoueur en une semaine.

Le local et les règles d’hygiène

L’arrêté du 11 mars 2009 fixe les bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité. Les principales :

  • Une salle exclusivement réservée au tatouage, séparée de l’accueil.
  • Du matériel stérile à usage unique pour tout ce qui traverse la peau, ou stérilisé selon le protocole prévu par l’arrêté.
  • Un contrat d’élimination des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI), notamment les aiguilles.
  • Des encres conformes au règlement européen sur les encres de tatouage (REACH).
  • Une information orale et écrite du client sur les risques et les soins après le tatouage, et l’accord écrit d’un parent pour un mineur.

Statut et organisation

Pour démarrer seul, la micro-entreprise est le plus simple : immatriculation en ligne sur le guichet unique, qui classe l’activité selon votre description, en artisanale (cotisations de 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé en 2026) ou en libérale (25,6 %). Beaucoup de tatoueurs commencent dans un salon existant, qui garde souvent de 30 % à 50 % du prix des séances en échange du local, du matériel commun et de la clientèle de passage.

Les rendez-vous de tatouage se décident souvent dans les messages privés, puis se recopient à la main. Avec un agenda en ligne comme Onehaircut, chaque tatoueur du shop a son planning, chaque séance bloque toute sa durée et le client reçoit un rappel avant de venir. Dès 9,90 €/mois pour tout le shop, sans engagement.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour être tatoueur ?

Non. La loi exige seulement la formation hygiène et salubrité (21 heures, organisme habilité par l’ARS) et une déclaration d’activité à l’ARS avant de commencer.

Combien coûte la formation hygiène et salubrité ?

Souvent de 390 € à 450 € pour la formation initiale de 21 heures. La certification est valable cinq ans, puis une mise à jour de 7 heures est obligatoire.

L’ancienne formation de 2008 est-elle encore valable ?

Pour un temps : jusqu’au 13 mars 2027 si l’attestation date d’avant 2023, cinq ans après sa date (et au plus tard le 31 décembre 2028) si elle date de 2023 ou après.

Combien de temps faut-il pour devenir tatoueur ?

Trois jours pour la formation obligatoire, mais plusieurs mois à plusieurs années de dessin et d’apprentissage auprès d’un tatoueur confirmé pour travailler correctement.

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